CBD et ménopause : ce que disent les études et les autorités
Calm&Co Admin
C'est quoi la ménopause et quels sont ses symptômes ?
La ménopause est la période de la vie où les règles s'arrêtent définitivement, parce que les ovaires cessent de produire estrogènes et progestérone. L'Assurance maladie la situe entre 45 et 55 ans, à 51 ans en moyenne. Le diagnostic se pose sans examen, après un an sans règles. La périménopause la précède de 2 à 4 ans. Ses symptômes les plus fréquents :
- bouffées de chaleur, chez sept femmes sur dix selon l'Assurance maladie, et sueurs nocturnes ;
- troubles génito-urinaires : sécheresse vulvovaginale, infections urinaires, envies pressantes ;
- troubles du sommeil, déclarés par 43 à 69 % des femmes ménopausées ;
- humeur : irritabilité, anxiété, tendance dépressive ;
- autres signes : fatigue, prise de poids, sécheresse de la peau.
Selon l'Inserm, 87 % des femmes présentent au moins un symptôme en plus de l'arrêt des règles et 20 à 25 % ont des troubles sévères. Un quart s'en plaignent encore au bout de dix ans. La ménopause s'accompagne aussi d'une hausse du risque d'ostéoporose et de maladies cardiovasculaires.
Les symptômes de la ménopause disposent de prises en charge évaluées par les autorités de santé. Le point de départ est une consultation médicale.
Quels traitements de la ménopause sont reconnus ?
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) : indications et balance bénéfices-risques
Le THM associe un estrogène et, chez les femmes qui ont leur utérus, un progestatif. En 2014, la Haute Autorité de santé (HAS) a maintenu un service médical rendu important pour ces traitements lorsque les troubles du climatère altèrent la qualité de vie. Elle demande une dose minimale efficace, une durée la plus courte possible et une réévaluation annuelle. Selon l'Assurance maladie, elle a confirmé en 2025 la place du THM dans les troubles modérés à sévères, dans les dix ans qui suivent le début de la ménopause.
La balance se pèse au cas par cas :
- Bénéfices : action sur les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et la sécheresse vaginale ; risque de fracture réduit de 30 à 40 %.
- Risques : cancer du sein, qui augmente avec la durée du traitement, cancer de l'ovaire, accident vasculaire cérébral, phlébite. Les estrogènes pris par voie orale doublent ce dernier risque, ce que la voie cutanée évite en grande partie.
- Ordres de grandeur : le Groupe d'étude sur la ménopause (GEMVI) compte 50 cancers du sein pour 1 000 femmes de 50 à 60 ans sans THM, 2 de plus après cinq ans de traitement.
- Contre-indications : notamment un antécédent de cancer du sein, d'accident vasculaire cérébral ou d'infarctus.
Les options non hormonales et l'hygiène de vie
L'Inserm et l'Assurance maladie citent l'hypnose et les thérapies cognitives et comportementales pour réduire les bouffées de chaleur. Un médicament non hormonal peut aussi être prescrit, comme le fézolinétant, disponible en France depuis avril 2025 selon le GEMVI.
S'y ajoutent les mesures d'hygiène de vie : activité physique régulière, alimentation diversifiée et riche en calcium, arrêt du tabac, alcool très modéré.
Remèdes naturels de la ménopause : que disent les autorités ?
Soja, trèfle rouge, sauge, actée à grappes noires : les remèdes naturels de la ménopause sont partout. Les autorités sanitaires restent réservées.
Phytoestrogènes : une mise en garde répétée
Les phytoestrogènes sont des molécules végétales à activité estrogénique, dont les isoflavones du soja. L'Assurance maladie rappelle que, faute d'évaluation suffisante, les phyto-estrogènes extraits du soja ne sont pas recommandés par la HAS. Ils sont déconseillés après un cancer du sein.
L'ANSES a publié en mars 2025 une expertise sur les isoflavones. Elle a fixé des valeurs toxicologiques de référence à partir d'effets toxiques sur le système reproducteur, dont 0,02 mg par kilo de poids corporel et par jour pour la population générale.
Plantes et compléments : des preuves insuffisantes
La position 2023 de la Menopause Society range les suppléments et remèdes à base de plantes, ainsi que les aliments et extraits de soja, parmi les options non recommandées contre les bouffées de chaleur. Le centre américain des approches complémentaires (NCCIH) juge les résultats incohérents pour l'actée à grappes noires, le trèfle rouge et le soja, et signale de rares atteintes du foie avec l'actée.
L'Inserm estime le niveau de preuve insuffisant pour l'acupuncture, la sophrologie, le yoga et la phytothérapie. L'Assurance maladie demande de s'adresser à un professionnel de santé avant toute prise de plantes ou de compléments.
Le GEMVI rappelle que, pour les bouffées de chaleur, l'effet placebo améliore les symptômes dans 25 % des cas. Un témoignage favorable ne permet donc pas de savoir si un produit agit. Seul un essai comparatif contre placebo peut l'établir.
CBD ménopause : qu'ont réellement testé les études ?
La littérature tient en trois catégories : des expériences chez l'animal, des enquêtes déclaratives sur l'usage de cannabis et une prise de position de société savante. Aucune ne constitue une preuve d'efficacité chez la femme.
Des études chez l'animal
L'étude la plus citée vient de l'université Rutgers (Sui, Tveter et collègues, Frontiers in Pharmacology, 2022). Quarante souris femelles, dont une partie privée d'ovaires pour reproduire une carence en estrogènes, ont reçu du cannabidiol ou une substance témoin pendant 18 semaines.
Chez les souris sans ovaires traitées, les auteurs rapportent une meilleure tolérance au glucose, une dépense énergétique plus élevée et une densité minérale osseuse supérieure. Les limites sont majeures : l'étude n'a mesuré ni bouffées de chaleur, ni sommeil, ni humeur, et les auteurs parlent eux-mêmes de données précliniques. Un résultat obtenu chez la souris ne peut pas être transposé à l'humain.
Des enquêtes déclaratives sur le cannabis
Une première enquête, présentée au congrès 2020 de la North American Menopause Society, porte sur 232 anciennes militaires de Californie du Nord, âgées de 56 ans en moyenne. D'après le compte rendu du Massachusetts General Hospital, 27 % déclaraient un usage actuel ou passé de cannabis.
La seconde a été publiée dans BMJ Open (Babyn et collègues, 2023). Ce questionnaire en ligne, mené en Alberta fin 2020, a réuni 1 485 femmes de 35 ans et plus. Un tiers (34 %) consommaient du cannabis, dont 75 % dans un but qu'elles qualifiaient de médical. Les motifs les plus cités étaient le sommeil (65 %) et l'anxiété (45 %).
Ces chiffres reposent sur des déclarations, sans groupe de comparaison ni mesure d'effet, dans un échantillon non représentatif. L'enquête canadienne n'analyse pas le cannabidiol séparément du cannabis.
La position de la Menopause Society (2023)
La North American Menopause Society, devenue The Menopause Society, a publié en 2023 sa position sur les thérapies non hormonales des symptômes vasomoteurs (revue Menopause). Les cannabinoïdes y figurent parmi les options non recommandées, avec un niveau II qui correspond à des preuves limitées ou incohérentes. Le même texte conclut que le traitement hormonal reste le plus efficace contre ces symptômes.
Aucun essai clinique concluant à ce jour
Aucune des sources consultées ne rapporte d'essai clinique randomisé montrant un effet du cannabidiol sur un symptôme de la ménopause. Les pages de l'Assurance maladie et de l'Inserm, comme la brochure 2025 du GEMVI, ne mentionnent ni le cannabis ni le CBD.
Lire une enquête d'usage comme une preuve d'efficacité. Savoir qu'une part des femmes interrogées consomme du cannabis renseigne sur leurs habitudes et ne dit rien de l'effet du cannabidiol.
Symptôme par symptôme : le tableau récapitulatif
| Symptôme | Prise en charge reconnue | Ce que l'on sait du CBD |
|---|---|---|
| Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes | THM s'il est indiqué, médicament non hormonal, hypnose, thérapies cognitives et comportementales | Aucun essai clinique concluant. Cannabinoïdes non recommandés par la Menopause Society (2023) |
| Troubles du sommeil | Hygiène du sommeil, consultation si les insomnies durent | Enquêtes déclaratives sur le cannabis uniquement |
| Irritabilité, anxiété, humeur dépressive | Avis médical, soutien psychologique | Aucune donnée propre à la ménopause |
| Sécheresse vaginale | Hydratants et lubrifiants vaginaux, estrogènes locaux sur prescription | Aucune donnée |
| Sécheresse de la peau | Nettoyant doux, soins hydratants et émollients classiques | Aucune étude à la ménopause |
| Fragilité osseuse | Activité physique, calcium, THM chez les femmes à risque de fracture | Une étude chez la souris (Sui et collègues, 2022), non transposable à la femme |
CBD et traitement hormonal : quelles précautions ?
Des interactions médicamenteuses documentées
En 2025, l'ANSM a rappelé que mélanger cannabidiol et médicaments n'est jamais anodin. Les centres antipoison ont recensé 58 cas d'interactions entre 2017 et 2023. Ce composé du chanvre peut réduire l'efficacité d'un traitement ou en augmenter les effets indésirables.
Les familles citées comprennent les anticoagulants, les antidépresseurs, les antiépileptiques, les hypnotiques, les hypolipémiants, les antidiabétiques et les hormones thyroïdiennes.
La page de l'ANSM ne mentionne pas le THM, ce qui ne permet pas de conclure à l'absence d'interaction. Si tu suis un traitement, signale à ton médecin ou à ton pharmacien tout produit contenant cette molécule. Notre dossier sur les interactions entre CBD et médicaments détaille le sujet.
Les lacunes de données relevées par l'EFSA
En juin 2022, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a suspendu ses évaluations du cannabidiol comme nouvel aliment, faute de données suffisantes pour en établir la sécurité. Elle a listé des lacunes de données sur le foie, le tube digestif, le système endocrinien, le système nerveux et le bien-être psychologique. La mention du système endocrinien mérite l'attention à la ménopause.
Dans l'Union européenne, les extraits de chanvre contenant des cannabinoïdes relèvent du règlement (UE) 2015/2283 sur les nouveaux aliments et aucun n'est autorisé à ce jour. Notre article sur l'avis de l'EFSA sur le CBD nouvel aliment fait le point.
Le cannabidiol ne remplace ni le THM ni aucune autre prise en charge de la ménopause. N'arrête et ne modifie jamais un traitement prescrit sans l'avis de ton médecin.
Peau sèche, sommeil, activité physique : quels gestes au quotidien ?
Sécheresse de la peau : les soins cosmétiques classiques
L'Académie américaine de dermatologie explique que la peau retient moins bien l'eau à la ménopause. Elle conseille un nettoyant doux à la place du savon et un soin hydratant. Le service de santé britannique (NHS) décrit les émollients comme des soins qui déposent un film protecteur sur la peau et y retiennent l'eau. Le geste recommandé :
- Applique le soin après la douche ou le bain.
- Étale-le doucement, dans le sens de la pousse des poils.
- Renouvelle l'application dans la journée si la peau est très sèche.
Une crème au CBD est un cosmétique. Le règlement (CE) n° 1223/2009 réserve ces produits aux parties superficielles du corps et interdit de leur attribuer des fonctions qu'ils ne possèdent pas. Ce cadre est détaillé dans notre article sur les règles applicables aux cosmétiques au CBD.
Un tel soin se choisit comme tout cosmétique, pour sa texture et le confort qu'il laisse à la surface de la peau : voir notre article sur la crème au CBD. Sa composition figure dans la liste INCI imprimée sur l'emballage. Il s'applique sur une peau saine, après un test de tolérance.
Sommeil et activité physique
L'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) recommande des horaires réguliers, de la lumière du jour le matin, pas de café ni de thé après 14 h, une chambre entre 18 et 20 °C et des écrans coupés 1 à 2 heures avant le coucher.
L'Assurance maladie conseille de consulter si les insomnies surviennent au moins trois nuits par semaine depuis trois mois. Pour savoir ce que la recherche a mesuré, lis notre état des études sur le CBD et le sommeil.
L'Assurance maladie présente l'activité physique régulière comme un moyen d'atténuer les symptômes de la périménopause et de préserver la densité osseuse. Le GEMVI donne un repère : 30 à 45 minutes de marche rapide, 3 à 4 fois par semaine.
Prépare ta consultation en notant tes symptômes, leur fréquence et tes traitements en cours, y compris les produits pris sans ordonnance.
Questions fréquentes
Le CBD est-il efficace contre les bouffées de chaleur ?
Aucune étude clinique ne le montre. La Menopause Society a classé en 2023 les cannabinoïdes parmi les options non recommandées contre les bouffées de chaleur.
CBD ménopause : existe-t-il des études chez la femme ?
Les publications identifiées chez la femme sont des enquêtes déclaratives sur l'usage de cannabis, qui ne mesurent aucun effet. L'étude expérimentale la plus citée a été menée sur 40 souris.
Peut-on associer CBD et traitement hormonal de la ménopause ?
La question se pose à ton médecin ou à ton pharmacien. L'ANSM fait état de 58 cas d'interactions entre le cannabidiol et des médicaments, recensés par les centres antipoison, et l'EFSA a relevé en 2022 des lacunes de données sur le système endocrinien.
Quels remèdes naturels de la ménopause sont reconnus ?
Les sources officielles consultées ne valident aucun complément à base de plantes, et la HAS ne recommande pas les phyto-estrogènes de soja. L'Inserm et l'Assurance maladie citent l'hypnose et les thérapies cognitives et comportementales contre les bouffées de chaleur.
Une crème au CBD agit-elle sur la peau sèche de la ménopause ?
Aucune étude ne l'établit. Une crème au CBD est un cosmétique, qui se juge sur sa texture et le confort qu'elle laisse à la surface de la peau. Une sécheresse marquée ou persistante relève d'un avis médical.
Quand consulter pour des symptômes de ménopause ?
Dès que les symptômes gênent ta vie quotidienne ou ton sommeil. Le médecin traitant ou le gynécologue évalue les options, dont le THM, et fait le point sur les risques osseux et cardiovasculaires.
En résumé
Aucune preuve ne permet de présenter le CBD comme une aide à la ménopause. Les données se limitent à des études chez la souris et à des enquêtes déclaratives sur le cannabis, et la Menopause Society classe les cannabinoïdes parmi les options non recommandées contre les bouffées de chaleur. Les prises en charge reconnues sont l'hygiène de vie, le traitement hormonal lorsqu'il est indiqué et certaines options non hormonales, discutées avec un médecin. Le cannabidiol peut interagir avec des médicaments. Un cosmétique au CBD reste un soin de la surface de la peau, sans lien démontré avec les symptômes de la ménopause.