Rapport européen sur les drogues 2026 : cannabis, les chiffres clés
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Rapport européen sur les drogues 2026 : qui le publie et que mesure-t-il ?
Le Rapport européen sur les drogues est le bilan annuel de l'EUDA, l'agence de l'Union européenne chargée du suivi des drogues. L'édition 2026 a été mise en ligne le 9 juin 2026. Elle compte quatorze chapitres, dont un sur le cannabis et un sur les nouvelles substances psychoactives. Son constat de départ tient en une phrase : « Le cannabis reste de loin la substance illicite la plus consommée en Europe ».
Les données proviennent des États membres, de la Norvège et de la Turquie.
Des chiffres qui datent de un à plusieurs ans
Un rapport publié en 2026 décrit surtout 2024. Les saisies, la teneur en THC et les entrées en traitement portent sur 2024, ou sur l'année la plus récente disponible. Les estimations de consommation agrègent les dernières enquêtes nationales, réalisées entre 2015 et 2024 selon les pays. Les signalements du système d'alerte précoce vont, eux, jusqu'à fin 2025.
Consommation de cannabis en Europe en 2026 : les chiffres clés
- 15-64 ans : 8,7 % ont consommé du cannabis dans l'année, soit environ 25 millions de personnes.
- 15-34 ans : 15,3 %, soit 15,4 millions. Les hommes sont en général deux fois plus concernés que les femmes.
- 15-24 ans : 18,0 % dans l'année (8,6 millions) et 9,6 % dans le mois (4,6 millions).
- Usage quotidien ou quasi quotidien : 1,6 % des adultes (4,5 millions) et 2,3 % des 15-34 ans (2,3 millions). L'agence le définit comme une consommation au moins 20 jours dans le dernier mois.
- Élèves de 15-16 ans : 13 % en moyenne ont déjà expérimenté le cannabis, d'après l'enquête scolaire ESPAD 2024.
L'EUDA ne décrit ni hausse ni baisse générale. Parmi les pays ayant mené une enquête depuis 2023, trois affichent une estimation plus élevée que lors de l'enquête comparable précédente, dix une estimation stable et deux une baisse.
Tableau des indicateurs clés du chapitre cannabis
| Indicateur | Valeur publiée | Année de référence |
|---|---|---|
| Usage dans l'année, 15-64 ans (UE) | 8,7 %, environ 25 millions | Dernières enquêtes nationales (2015 à 2024) |
| Usage dans l'année, 15-34 ans (UE) | 15,3 %, soit 15,4 millions | Dernières enquêtes nationales (2015 à 2024) |
| Expérimentation à 15-16 ans (ESPAD) | 13 % en moyenne | 2024 |
| Teneur moyenne en THC de la résine | 24,6 % | 2024 |
| Teneur moyenne en THC de l'herbe | 12 % | 2024 |
| Saisies de résine (UE) | 252 000 saisies, 321 tonnes | 2024 (551 tonnes en 2023) |
| Saisies d'herbe (UE) | 219 000 saisies, 199 tonnes | 2024 (201 tonnes en 2023) |
| Entrées en traitement (UE, Norvège, Turquie) | 104 000 personnes, 33 % des demandes | 2024 |
| Infractions pour usage ou détention | 477 000 | 2024 (615 000 en 2023) |
| Cannabinoïdes semi-synthétiques recensés | 40 substances | Fin 2025 |
Lire ces pourcentages comme une photographie de 2026. La moyenne européenne mélange des enquêtes de 2024 et d'autres plus anciennes, jusqu'à 2015 pour un pays.
Teneur en THC et saisies : ce que montrent les données 2024
Une résine deux fois plus concentrée que l'herbe
En 2024, la teneur moyenne en THC de la résine saisie dans l'Union atteint 24,6 %. Celle de l'herbe s'établit à 12 %. Sur la période 2014-2024, l'indice de teneur progresse de 66 % pour la résine et de 19 % pour l'herbe.
Saisies : la résine recule de 42 %, l'herbe reste stable
- Résine : 321 tonnes en 2024, contre 551 tonnes en 2023. L'Espagne en représente 206 tonnes, en baisse de 45 %.
- Herbe : 199 tonnes, contre 201 tonnes en 2023.
- Ports : en 2025, environ 21 tonnes d'herbe ont été saisies dans chacun des ports d'Anvers et de Rotterdam, en provenance principalement du Canada.
L'agence chiffre le marché européen du cannabis à plus de 12 milliards d'euros et précise que ces revenus alimentent les groupes criminels organisés.
Une première alerte européenne en novembre 2025
En novembre 2025, l'EUDA a émis sa toute première alerte via le système européen d'alerte sur les drogues. Elle porte sur le cannabis d'origine nord-américaine arrivé sur les marchés européens. Deux risques sont cités : des produits plus concentrés et une contamination par des pesticides potentiellement dangereux.
Demandes de traitement et passages aux urgences
Le cannabis est la première substance citée par les personnes qui entrent pour la première fois dans un dispositif spécialisé de prise en charge. Les chiffres portent sur l'Union européenne, la Norvège et la Turquie.
- Environ 104 000 personnes sont entrées en traitement pour un problème lié au cannabis en 2024, soit 33 % des demandes.
- Près de 62 000 consultaient pour la première fois. Le cannabis est le produit principal de 41 % des premières demandes.
- Onze ans s'écoulent en moyenne entre les premiers usages et la première prise en charge.
Le rapport associe l'usage quotidien de cannabis à des symptômes respiratoires chroniques, à une dépendance et à des symptômes psychotiques. Il relie aussi les extraits et produits comestibles fortement dosés à des intoxications aiguës prises en charge aux urgences.
HHC, produits comestibles, cannabis frelaté : les nouveaux produits signalés
Les cannabinoïdes semi-synthétiques, HHC en tête
Un cannabinoïde semi-synthétique est une molécule naturelle du cannabis modifiée chimiquement. L'hexahydrocannabinol (HHC) est le plus connu. Le rapport indique qu'il est souvent fabriqué à partir de cannabidiol extrait de chanvre à faible teneur en THC.
- Fin 2025, 40 cannabinoïdes semi-synthétiques avaient été recensés sur les marchés européens.
- Le HHC a été placé sous contrôle international en décembre 2025. D'autres molécules l'ont remplacé, dont l'acétate de HHC et le HHC-P.
- Les saisies d'herbe contenant ces substances sont passées de 154 kg en 2023 à 1 320 kg en 2024.
Selon l'agence, les effets de ces substances chez l'humain restent peu étudiés. Les signalements vont d'effets légers à des intoxications graves nécessitant parfois une hospitalisation. En France, le HHC et deux de ses dérivés sont inscrits sur la liste des stupéfiants depuis le 13 juin 2023, par décision de l'ANSM.
Les cannabinoïdes de synthèse
Fin 2025, l'EUDA surveillait 1 050 nouvelles substances psychoactives, dont 304 cannabinoïdes. Vingt-sept nouveaux cannabinoïdes ont été notifiés en 2025. Le rapport signale que certains produits vendus sur le marché illicite comme du cannabis peuvent être frelatés avec des cannabinoïdes de synthèse puissants, à l'insu de la personne qui les consomme. Notre dossier sur les cannabinoïdes synthétiques détaille cette famille de molécules.
Produits comestibles et liquides de vapotage
Les produits comestibles et de vapotage contenant des cannabinoïdes de synthèse ou semi-synthétiques représentent environ 37 % du matériel saisi.
L'agence pointe deux risques : la ressemblance de ces produits, notamment les gommes, avec des confiseries ordinaires, qui expose les enfants à une ingestion accidentelle, et leur capacité à toucher un public nouveau et plus jeune.
Produits vendus comme « chanvre » ou « CBD » : ce que dit le rapport
Plusieurs passages concernent les produits à faible teneur en THC et le cannabidiol. Ils intéressent toute personne qui achète des fleurs, des huiles ou des gommes présentées comme issues du chanvre.
- Un frelatage en hausse. L'agence fait état de préoccupations face à l'adultération croissante de cannabis à faible teneur en THC et de produits au CBD par des cannabinoïdes de synthèse.
- Du chanvre pulvérisé. Parmi les principaux produits contenant des cannabinoïdes semi-synthétiques figurent des fleurs à faible teneur en THC sur lesquelles ces molécules ont été pulvérisées ou mélangées.
- Des circuits de vente identifiés. Ces substances sont largement disponibles en ligne et, dans certains pays, dans des boutiques de vapotage et des magasins vendant du cannabis à faible teneur en THC et du CBD.
- Le CBD examiné comme précurseur. Le chapitre cannabis précise qu'en 2026, l'EUDA a été chargée d'évaluer ce composé du chanvre en tant que précurseur de cannabinoïdes semi-synthétiques.
Le rapport ne nomme aucun pays ni aucune marque dans ces passages. Il ne chiffre pas la part des produits concernés. Il décrit un risque : celui d'un produit dont l'étiquette ne correspond pas au contenu.
Le réflexe du certificat d'analyse
Un vendeur sérieux peut relier chaque produit au cannabidiol à une analyse de laboratoire. Le certificat d'analyse indique le laboratoire, la date, le numéro de lot, la teneur en THC et le profil en cannabinoïdes.
- Vérifie que le numéro de lot du certificat correspond à celui de l'emballage.
- Regarde le nom du laboratoire et la date de l'analyse.
- Lis la liste des substances recherchées : un certificat ne renseigne que sur ce que le laboratoire a cherché.
- Méfie-toi d'un produit présenté comme du chanvre et décrit par des effets comparables à ceux du THC.
Notre guide explique comment lire un certificat d'analyse. Pour distinguer les plantes et les molécules, vois aussi la différence entre chanvre et cannabis.
Demande le certificat d'analyse du lot avant d'acheter, quel que soit le vendeur. Ce document ne garantit aucun effet : il décrit la composition mesurée d'un lot donné, à une date donnée, pour les substances recherchées.
Allemagne, Luxembourg, Malte, Tchéquie, Pays-Bas : les politiques nationales recensées
Le rapport constate que plusieurs États membres ont modifié, ou réexaminent, leur politique sur l'usage de cannabis par les adultes. Il décrit ces textes sans les évaluer. Aucun ne s'applique en France.
| Pays | Date citée | Mesure décrite par le rapport |
|---|---|---|
| Malte | Décembre 2021 | Culture à domicile limitée, détention de petites quantités, usage en privé. Vente à but non lucratif via des associations de culture réglementées. |
| Luxembourg | Juillet 2023 | Culture à domicile limitée et usage en privé. |
| Allemagne | Février 2024 | Culture à domicile limitée, détention et usage de petites quantités. Vente à but non lucratif via des associations de culture réglementées. |
| Pays-Bas | À partir de 2025 | Expérimentation dans 10 communes : du cannabis produit dans des installations réglementées est vendu par les coffeeshops. |
| Tchéquie | Janvier 2026 | Culture de trois plants au maximum par personne, pour un usage en privé. |
Fin 2025, l'Allemagne et le Luxembourg avaient publié des rapports d'évaluation intermédiaires.
Et la Suisse ?
Hors Union européenne, la Suisse est absente du chapitre cannabis. Selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), l'article 8a de la loi suisse sur les stupéfiants, en vigueur depuis le 15 mai 2021 pour dix ans au maximum, autorise des essais pilotes scientifiques réservés à des adultes. Hors de ce cadre, la culture, l'importation, la fabrication et la vente y restent interdites.
Le droit des stupéfiants est national. Un texte adopté à Berlin, Prague ou La Valette ne produit aucun effet en France, où l'usage, la détention, la culture et la vente de cannabis contenant du THC sont interdits.
Quelle place pour la France dans les données ?
Le texte du chapitre cite peu la France, mais les tableaux de données sources permettent de la situer. Elle y figure parmi les pays où les niveaux déclarés sont les plus élevés.
| Indicateur pour la France | Valeur | Année et source |
|---|---|---|
| Expérimentation, 18-64 ans | 50,4 %, valeur la plus élevée du tableau européen | Enquête 2023 (EUDA) |
| Usage dans l'année, 18-34 ans | 18,9 % (moyenne UE : 15,3 %) | Enquête 2023 (EUDA) |
| Expérimentation à 15-16 ans | 8,4 % (moyenne : 13 %) | ESPAD 2024 (EUDA) |
| Part du cannabis dans les entrées en traitement | 52,4 %, soit 29 857 personnes | 2024 ou année la plus récente (EUDA) |
| Part du cannabis dans les passages aux urgences liés aux drogues | 28 %, plus de 6 300 cas sur 24 300 | 2023 (EUDA) |
| Usage dans l'année, 18-64 ans | 10,8 % | EROPP 2023 (OFDT) |
| Expérimentation à 17 ans | 29,9 % (39,1 % en 2017) | ESCAPAD 2022 (OFDT) |
Pour l'usage dans l'année chez les jeunes adultes, la France se classe derrière l'Italie (21,5 %, enquête 2022) et l'Espagne (19,4 %, enquête 2024). L'agence précise que les tranches d'âge françaises commencent à 18 ans et non à 15 ans : la comparaison entre pays a donc ses limites.
L'OFDT complète le tableau. D'après l'enquête EROPP 2023, l'usage dans l'année est stable depuis une dizaine d'années chez les 18-64 ans et 3,4 % ont un usage régulier. L'observatoire note une baisse chez les plus jeunes adultes et une hausse chez les plus âgés. À 17 ans, l'enquête ESCAPAD 2022 mesure un usage régulier de 3,8 %, contre 7,2 % en 2017.
Pour savoir ce qui peut être vendu légalement dans l'Hexagone, vois notre guide sur le cadre légal du CBD en France en 2026.
Questions fréquentes
Quand le Rapport européen sur les drogues 2026 a-t-il été publié ?
L'EUDA l'a publié le 9 juin 2026. Il est consultable en ligne par chapitres, dont un chapitre cannabis traduit en français, et en PDF complet.
Combien de personnes consomment du cannabis en Europe selon le rapport européen sur les drogues 2026 ?
Environ 25 millions d'adultes de 15 à 64 ans en ont consommé dans l'année, soit 8,7 % de cette population. Chez les 15-34 ans, la part atteint 15,3 %. L'usage quotidien ou quasi quotidien concerne 1,6 % des adultes.
Quelle est la teneur moyenne en THC du cannabis saisi en Europe ?
En 2024, elle est de 24,6 % pour la résine et de 12 % pour l'herbe. Entre 2014 et 2024, l'indice de teneur a augmenté de 66 % pour la résine et de 19 % pour l'herbe.
Que dit le rapport sur le HHC ?
Le HHC est un cannabinoïde semi-synthétique souvent produit à partir de cannabidiol. Il a été placé sous contrôle international en décembre 2025, et d'autres molécules proches l'ont remplacé. En France, il est classé stupéfiant depuis le 13 juin 2023.
Le rapport met-il en cause les produits au CBD ?
Il signale deux points qui touchent ce marché : l'adultération croissante de produits à faible teneur en THC et de produits au cannabidiol par des cannabinoïdes de synthèse, et l'utilisation de cette molécule pour fabriquer des cannabinoïdes semi-synthétiques.
Le cannabis est-il autorisé en France ?
Non. Le cannabis contenant du THC est classé stupéfiant en France : son usage, sa détention, sa culture et sa vente sont interdits. Les changements adoptés dans d'autres pays européens n'ont aucun effet sur le droit français.
En résumé
Le Rapport européen sur les drogues 2026, publié le 9 juin 2026 par l'EUDA, estime à 8,7 % la part des adultes européens ayant consommé du cannabis dans l'année. Les données 2024 montrent une résine à 24,6 % de THC en moyenne, 321 tonnes de résine saisies et 104 000 entrées en traitement. L'agence alerte sur les cannabinoïdes semi-synthétiques, les produits comestibles fortement dosés et le frelatage, y compris de produits au CBD. La France affiche le niveau d'expérimentation le plus élevé du tableau européen chez les adultes. Le cannabis au THC y reste interdit.