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  • Coureur sur un sentier sinueux entre des collines au lever du soleil, article du Journal Calm&Co
  • CBD et course à pied : running, trail, marathon, que sait-on ?

    Calm&Co


    Le CBD rend-il un footing plus facile, un marathon moins rude ou un trail plus digeste ? À la date du 4 octobre 2026, rien ne le prouve. Deux essais contrôlés ont été menés sur des coureurs entraînés, par la même équipe australienne. Le premier, en 2022, portait sur 9 hommes : il relevait de légers écarts de consommation d'oxygène et de plaisir ressenti, sans différence sur le temps de course jusqu'à épuisement. Le second, publié en 2025 sur 25 coureurs et coureuses, n'a pas retrouvé ces signaux : ni le ressenti de l'effort, ni la performance d'endurance ne différaient du placebo. Digestion à l'effort, sommeil, stress d'avant-course : ces sujets restent très peu étudiés chez le sportif. Côté règlement, le cannabidiol n'est pas interdit en compétition, mais le THC et les autres cannabinoïdes le sont. Et en France, tout coureur, licencié ou non, peut être contrôlé. Dernier point souvent oublié : au volant, sur la route du retour, le dépistage du THC ne connaît pas de seuil. Le cannabidiol n'est pas un médicament : pour une douleur ou une blessure, consulte un médecin du sport.

    Pourquoi les coureurs s'intéressent au CBD

    Sorties longues, dénivelé, semaines de préparation qui s'enchaînent : le coureur cherche ce qui l'aide à tenir la charge. Le cannabidiol, un composé du chanvre sans effet euphorisant, s'est glissé dans ces discussions de peloton.

    Les chercheurs qui ont étudié le sujet résument ainsi les usages déclarés par les sportifs : la récupération après l'effort, le sommeil, l'anxiété. S'y ajoutent des questions propres à l'endurance : le confort digestif et le plaisir de courir.

    Un usage déclaré ne vaut pas démonstration. Pour savoir ce que fait cette molécule pendant un effort d'endurance, il faut la comparer à un placebo, en double aveugle. Deux essais récents l'ont fait. Pour le cadre général, lis notre article de fond CBD et sport : ce que disent les recherches.

    CBD et running : ce que la recherche a testé sur des coureurs

    Les deux essais, publiés dans Sports Medicine – Open, suivent le même protocole : une prise par voie orale 1 h 30 avant de courir, puis 60 minutes sur tapis à environ 70 % de la VO2max, suivies d'un test progressif jusqu'à épuisement.

    Sahinovic et al., 2022 : une étude pilote sur 9 coureurs

    Neuf hommes entraînés en endurance (VO2max moyenne de 57,4 ml/min/kg) ont couru deux fois, une fois après 300 mg de CBD, une fois après un placebo. L'équipe a suivi la consommation d'oxygène, la fréquence cardiaque, le lactate, l'effort perçu, le plaisir ressenti et des marqueurs de l'inflammation.

    Pendant la course à allure stable, la consommation d'oxygène et les notes de plaisir étaient un peu plus élevées avec le cannabidiol. Lors du test maximal, la VO2max mesurée l'était aussi. En revanche, aucune différence n'apparaissait sur le temps jusqu'à épuisement, la fréquence cardiaque ou l'effort perçu.

    Les auteurs ont été clairs : des résultats préliminaires, à confirmer par une étude plus large. Les variations des marqueurs inflammatoires étaient trop faibles pour être interprétées.

    Sahinovic et al., 2025 : 25 coureurs, deux doses, pas d'effet net

    L'étude plus large est parue en août 2025. Vingt-cinq coureurs entraînés, dont 16 hommes, ont réalisé le protocole trois fois : avec un placebo, 50 mg ou 300 mg de CBD.

    Cette fois, aucune des deux doses n'a modifié le ressenti pendant la course : plaisir, effort perçu, douleur. L'humeur et l'anxiété après l'effort n'ont pas changé non plus. La fréquence cardiaque, la consommation d'oxygène, la VO2 pic et le temps jusqu'à épuisement sont restés identiques au placebo.

    Quelques écarts biologiques isolés ressortent : un quotient respiratoire plus bas avec 300 mg pendant la première course, une glycémie plus haute avec 50 mg après la seconde. Les marqueurs de dommages musculaires n'ont pas varié. Conclusion des auteurs : en prise unique, le cannabidiol ne semble changer ni l'expérience de l'effort, ni la performance d'endurance.

    À retenir

    Le signal de l'étude pilote (9 coureurs) n'a pas été confirmé par l'essai de 2025 (25 coureurs). À ce jour, aucune donnée ne montre que le cannabidiol modifie la performance ou le ressenti en course à pied.

    Bon à savoir

    Les quantités et le délai cités décrivent un protocole de laboratoire, pas un usage conseillé. Calm&Co ne donne aucun conseil de prise, ni de dose, ni de moment.

    Tableau récapitulatif des études

    Étude Participants Ce qui a été mesuré Résultat Limite
    Sahinovic et al., 2022 (essai pilote) 9 hommes entraînés en endurance Consommation d'oxygène, fréquence cardiaque, effort perçu, plaisir, temps jusqu'à épuisement Légers écarts d'oxygène consommé et de plaisir ; même temps jusqu'à épuisement Très petit effectif, hommes seulement
    Sahinovic et al., 2025 (essai croisé, deux doses) 25 coureurs entraînés, dont 16 hommes Ressenti, douleur, anxiété, VO2, temps jusqu'à épuisement, marqueurs musculaires et digestifs Aucun changement du ressenti ni de la performance ; écarts biologiques isolés Prise unique, course sur tapis en laboratoire
    Flores et al., 2023 (essai de 8 semaines) 48 adultes en bonne santé VO2 pic sur tapis, force, composition corporelle Aucune différence de capacité aérobie avec le placebo Participants non coureurs, entraînement non suivi
    Bezuglov et al., 2024 (revue systématique) 7 études, 134 participants Performance et récupération après l'effort Effet limité sur quelques paramètres physiologiques ; pas d'effet sur la récupération Peu d'études, protocoles très différents
    McCartney et al., 2020 (revue narrative) Surtout des études sur l'animal Digestion, sommeil, anxiété, entre autres Des pistes, aucune démonstration chez le sportif Données précliniques, doses élevées

    Flores et al. (Nutrients, 2023) apportent le seul recul sur la durée : 50 mg par jour ou un placebo pendant huit semaines. La capacité aérobie n'a pas évolué différemment entre les groupes.

    Digestion, sommeil, stress d'avant-course : ce qu'on ne sait pas

    Troubles digestifs à l'effort

    Les troubles digestifs sont un sujet classique chez les coureurs de fond. La revue de McCartney et al. (Sports Medicine – Open, 2020) cite sur ce point des travaux sur l'animal et sur des cellules en laboratoire. Chez l'humain, elle note que deux essais cliniques menés dans des maladies de l'intestin n'ont pas montré de résultat supérieur au placebo.

    L'essai de 2025 a mesuré des marqueurs de la barrière intestinale chez les 25 coureurs. Le seul écart rapporté ne va pas dans le sens d'un bénéfice : un marqueur plus élevé chez les femmes après la seconde course, avec la dose de 50 mg. Rien ne permet donc de relier cannabidiol et confort digestif en course.

    Sommeil du coureur

    Nous n'avons trouvé aucun essai consacré au sommeil de sportifs d'endurance. La revue de 2020 rapporte des résultats partagés : une étude par enregistrement du sommeil, chez des adultes en bonne santé, n'a relevé aucun changement avec 300 mg. Ses auteurs jugent peu probable une influence directe chez des personnes en bonne santé.

    Stress d'avant-course

    La même revue décrit des essais menés en situation de stress provoqué, avec des résultats variables d'une étude à l'autre. Aucun ne portait sur une ligne de départ. Dans l'essai de 2025, l'anxiété mesurée après les deux courses ne différait pas du placebo.

    Les autres angles morts

    Plusieurs questions restent sans aucune donnée :

    • la prise répétée pendant une préparation marathon ;
    • l'effort de plusieurs heures, en trail long ou en ultra ;
    • la course en conditions réelles, hors laboratoire ;
    • les courbatures après une descente ou une course sur route.

    Marathon, course sur route, trail : qui peut être contrôlé ?

    La règle : CBD non interdit, THC interdit en compétition

    La référence est la liste des interdictions de l'Agence mondiale antidopage, relayée en France par l'AFLD. La liste 2026 est en vigueur depuis le 1er janvier. Selon l'AFLD, le cannabidiol n'est pas interdit aux sportifs. Le cannabis et le THC le sont en compétition, de même que les autres cannabinoïdes, naturels ou synthétiques.

    L'agence prévient que certains produits à base de CBD peuvent contenir des cannabinoïdes interdits.

    Qui peut être contrôlé en France

    L'AFLD peut contrôler tout sportif, licencié ou non, qui évolue en France, en compétition comme hors compétition. Les contrôles sont inopinés, par prélèvement urinaire ou sanguin. Ils peuvent être demandés par l'AFLD, par une fédération internationale ou par l'Agence mondiale antidopage.

    Côté organisation, un document de formation de la FFA rappelle que « tout événement comportant un classement est susceptible d'avoir un contrôle antidopage ». L'organisateur doit prévoir des locaux et un dispositif pour l'accueillir. Un 10 km de village peut donc, en théorie, être concerné comme un marathon.

    Erreur fréquente

    Penser « je ne suis pas licencié, donc pas concerné ». En France, un contrôle peut viser tout sportif, avec ou sans licence. Un contrôle positif au THC peut entraîner jusqu'à deux ans de suspension, selon l'AFLD.

    Courses à label et grands trails

    Sur route, World Athletics a annoncé en 2019 un financement dédié : les courses à label, les managers et les athlètes contribuent au programme de contrôles de l'Athletics Integrity Unit.

    En trail, le groupe UTMB a annoncé le 20 mai 2024 confier son programme à l'International Testing Agency. L'annonce prévoyait une centaine de tests sur le circuit UTMB World Series en 2024, avec contrôle systématique des podiums et contrôles aléatoires sur les finales et les Majors, selon des règles alignées sur celles de l'Agence mondiale antidopage.

    Si tu vises un classement ou un podium, tout produit au chanvre représente un risque que personne ne peut te garantir nul. Notre article CBD et dopage : contrôles, AMA, AFLD explique le détail des règles.

    Reprendre le volant après la course

    La plupart des courses se terminent par un trajet en voiture. Rien à voir avec l'antidopage, mais le composé en cause est le même : le THC.

    Dans une réponse publiée le 4 avril 2023, le ministère de l'Intérieur indique que les produits au CBD contiennent du THC, même en faible quantité, et qu'ils augmentent le risque de dépistage positif lors d'un contrôle routier. Il rappelle la position de la Cour de cassation : l'infraction est constituée dès que l'usage de stupéfiants est établi par une analyse salivaire ou sanguine, sans référence à un taux.

    La législation française autorise, par l'arrêté du 30 décembre 2021, les variétés de chanvre dont la teneur en THC ne dépasse pas 0,3 %. Légal ne veut donc pas dire sans THC. Un produit à spectre complet en contient des traces par définition. Pour le détail, lis notre dossier CBD, test salivaire et conduite.

    Sécurité : traitements et avis médical

    Le rapport de l'OMS de 2018 décrit le cannabidiol comme généralement bien toléré. Il souligne que les effets indésirables signalés peuvent venir d'interactions avec des médicaments.

    L'ANSM a publié le 11 mars 2025 une mise en garde sur ce point. Elle cite notamment des anticoagulants, des antidépresseurs, des antiépileptiques, des benzodiazépines et des statines, dans une liste non exhaustive. Elle demande de signaler tout usage de CBD à son médecin ou à son pharmacien.

    Une douleur qui dure, une tendinite ou une fracture de fatigue relèvent d'un médecin du sport, pas d'un produit de bien-être.

    Après la sortie longue : les soins de massage en usage externe

    Les essais cités ici portent sur du cannabidiol avalé. Aucun n'a étudié un cosmétique. Les soins Calm&Co x hemēka, dont un roll-on facile à glisser dans le sac de course et une huile de massage, sont des produits d'usage externe. Ils accompagnent le massage des jambes et nourrissent la peau, sans prétention thérapeutique.

    La gamme est dans notre collection de cosmétiques au CBD.

    Conseil Calm&Co

    Si tu cours en compétition, garde en tête que l'AFLD ne donne aucune garantie sur la fabrication des cosmétiques ni des compléments. Demande toujours le certificat d'analyse d'un produit au chanvre et lis la liste INCI d'un soin. Nos équipes te présentent les analyses dans nos boutiques de Marseille, Arles et Pau.

    Questions fréquentes

    Le CBD améliore-t-il les performances en course à pied ?

    Aucune étude ne le montre. L'essai le plus large, sur 25 coureurs entraînés, n'a relevé aucune différence de temps jusqu'à épuisement entre le cannabidiol et le placebo.

    Le CBD est-il interdit sur un marathon ou un trail ?

    Non, selon l'AFLD, le cannabidiol n'est pas interdit. Le THC et les autres cannabinoïdes le sont en compétition, et un produit au CBD peut en contenir.

    Un coureur amateur peut-il être contrôlé ?

    Oui. L'AFLD peut contrôler tout sportif, licencié ou non, et toute course donnant lieu à un classement peut accueillir un contrôle.

    Le CBD aide-t-il contre les troubles digestifs en course ?

    Rien ne le démontre. Les données viennent surtout d'études sur l'animal, et l'essai de 2025 sur des coureurs n'a montré aucun bénéfice sur les marqueurs digestifs mesurés.

    À quel moment prendre du CBD avant une course ?

    Il n'existe aucune recommandation. Le délai utilisé dans les essais est un choix de protocole, et ces essais n'ont pas montré d'effet. Calm&Co ne donne aucun conseil de prise.

    Peut-on conduire après une course quand on utilise des produits au chanvre ?

    Le dépistage routier recherche le THC, sans seuil de tolérance. Un produit au CBD peut en contenir des traces et exposer à un test positif.

    En résumé

    Deux essais contrôlés ont testé le cannabidiol sur des coureurs entraînés. Le plus petit laissait entrevoir de légers écarts, le plus large ne les a pas confirmés : ni la performance, ni le ressenti de l'effort ne changent. Digestion, sommeil et stress d'avant-course restent sans preuve chez le sportif. En compétition, le CBD n'est pas interdit, mais le THC l'est, et tout coureur peut être contrôlé en France. Au volant, le dépistage du THC ne tolère aucun seuil.